• Samedi 4 décembre 2021

    Journée internationale des femmes en politique

  • Pour l'avancée de la place des femmes en politique

    Ces dix dernières années, la participation des femmes à la vie politique s’est nettement améliorée à travers le monde. Pourtant, les progrès restent lents, trop lents. Les femmes continuent d’être sous-représentées et ce à tous les niveaux de pouvoir, que ce soit local, national ou européen [1]. Par cette journée nous souhaitons mettre en lumière celles qui s'engagent et lutter contre les obstacles qu'elles doivent surmonter.

     

    L'un des principal obstacle se trouve dans les violences qu’elles subissent lorsqu’elles décident de participer à l’exercice du pouvoir. Des violences sexistes puisque basées sur leur genre. Un sexisme systémique et généralisé dans le monde entier.

     

    Jusqu’à présent, la violence que subissent les femmes en politique n’attire pas l’attention des médias ni du grand public. Les chiffres à ce sujet sont limités et compliqués à collecter. Les femmes ne témoignent pas, par peur des représailles.

     

    C’est afin de changer les choses que nous lançons, le 4 décembre prochain, la journée internationale des femmes en politique. Il est temps de mettre toute la lumière sur la violence que subisse les femmes en politique. Il est temps de collecter des données, de les diffuser dans les médias et de libérer la parole de celles qui ont le courage de s’engager en politique.

     

    Seule une prise de conscience collective nous permettra de faire cesser ce phénomène d’une ampleur et d’une gravité sans commune mesure. Tant que ces violences subsisteront, la parité en politique ne sera jamais atteinte.

  • 1.  Une discrimination basée sur le genre : entre sexisme banal et violence brutale

    Certes, la politique est un monde violent et les hommes comme les femmes peuvent en faire les frais. La différence étant que les femmes la subissent du fait de leur genre.

    Ces violences contribuent à exclure les femmes et à délégitimer leur participation à la vie citoyenne. Elles peuvent être psychologiques ou même physiques, du plus banal au plus grave :

    • Blagues et remarques sexistes

    • Comportements paternalistes

    • Interruptions lors de prise de parole

    • Agressions sexistes et sexuelles

    • Intimidations

    • Insultes

    • Harcèlement

    Et ce phénomène ne se limite pas à la France, c’est un phénomène mondial, qui se joue à tous les niveaux de pouvoir. Une étude conjointe APCE/UIP [2] souligne que des actes de sexisme, d’abus et de violence à l’égard des femmes sont également fréquents dans les parlements nationaux des États membres du Conseil de l’Europe.

     

    Parmi ces conclusions alarmantes, figurent les données suivantes :

    • 85,2% des femmes parlementaires ayant pris part à l’étude indiquent avoir fait face à des violences psychologiques au cours de leur mandat

    • 46,9% ont reçu des menaces de mort, de viol ou de coups

    • 58,2% ont été la cible d’attaques sexistes en ligne sur les réseaux sociaux

    • 67,9% ont été la cible de remarques portant sur leur apparence physique ou fondées sur des stéréotypes de genre

    • 24,7% ont subi des violences sexuelles

    • 14,8% ont subi des violences physiques

    • Les femmes parlementaires de moins de 40 ans sont davantage visées par les actes de harcèlement.

  • 2. Des conséquences désastreuses pour la parité : sentiment d’illégitimité, délégations dites « féminines » et abandon de la politique

    Journée internationale des femmes en politique

    Ces actes de violences ont des conséquences psychologiques insupportables sur les femmes qui les subissent. Ce sexisme envoie aux femmes le message qu’elles ne sont pas à leur place en politique. Il les décrédibilise au titre qu’elles sont des femmes et contribue donc à renforcer un sentiment d’illégitimité tant à l’égard d’elles-mêmes que de leurs concitoyens.

     

    Comme l’a révélé un rapport du HCE en 2020 [3], l’une des conséquences du sexisme en politique est « parfois, l’abandon par les femmes de leur projet et le renoncement à toute responsabilité, préférant arrêter la politique que de subir du sexisme ou des violences. » Lorsque l’on observe les femmes au plus haut poste, on ne s’imagine pas une seule seconde la force qu’elles ont dû déployer pour en arriver là et y rester. Malheureusement, nombreuses sont celles qui abandonnent en cours de mandat

     

    Ces inégalités se retrouvent également dans une répartition genrée et inégalitaire des délégations dans les collectivités. La plupart du temps, les femmes restent assignées à des thématique dites « féminines » alors que les hommes s’occupent des finances, de la sécurité, de l’urbanisme. Ces délégations leur confèrent beaucoup moins de pouvoir au regard :

    • Du budget alloué
    • De la hiérarchie des responsabilités politiques

    Le système politique contribue ainsi à exclure les femmes des lieux de pouvoir, créant un cercle vicieux. En effet, plus le milieu politique exclut les femmes, plus il est propice aux comportements sexistes…

  • 3.   Une violence tolérée et normalisée : difficulté de collecter de données et renforcement du sentiment d’impunité des hommes politiques

    La violence envers les femmes politiques est souvent tolérée et normalisée. Il y a une véritable culture du dénigrement des femmes dans un contexte où le patriarcat est profondément enraciné.

    Cela a pour conséquence d’inciter les femmes à dissimuler les incidents de violence qu’elles subissent par peur de paraître faibles ou inaptes au monde politique. La collecte de données pour dévoiler l’ampleur du phénomène est donc compliquée.

     

    Si elles osent prendre la parole et dénoncer les faits, elles peuvent être vues comme politiquement déloyales ou critiquées pour ne pas être à la hauteur de leurs responsabilités. Elles reçoivent la plupart du temps une réponse inappropriée des autorités. Elles ne sont pas prises au sérieux et ne reçoivent aucune protection légale. Elles se retrouvent diffamées et marginalisées. C’est la double peine !

      Violence envers les femmes en politique

      En France, selon une étude menée conjointement par Élues Locales et Nous Toutes en 2019 [4], lorsque les faits sont signalés au service politique ou responsable RH, les collectivités traitent peu les cas signalés :

      • 12% de réactions en matière de sexisme

      • 8,6% de réactions en matière de propos à connotation sexuelle

      • 11,1% de réactions en matière d’agression sexuelle.

      De leur côté, les agresseurs sont protégés par les autorités et restent la plupart du temps impunis. De ce fait, ils ont tendance à minimiser voire rejeter les faits, surtout lorsque les violences sont uniquement psychologiques. Ils peuvent donc continuer à violenter d’autres femmes en toute impunité.

       

    • Conclusion :

      Une journée internationale pour mettre en lumière le combat de celles qui ont le courage de s'engager en politique.

      S'attaquer à ce phénomène exige des efforts de la part de toutes et tous. Chacun a un rôle à jouer pour parvenir à un monde politique plus équitable et respectueux : gouvernement et société civile, médias et universitaires, monde associatif et secteur privé, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes !

       

      Pour engager durablement ces changements ambitieux, nous lançons la journée internationale des femmes en politique, le 4 décembre 2021 et nous vous appelons à nous rejoindre massivement.

       

      Pour que la prise de conscience ait lieu, nous réalisons actuellement une enquête auprès des femmes politiques françaises afin de collecter des données objectives sur l’ampleur du phénomène. Nous dévoilerons les résultats de cette enquête le 3 décembre lors d’une conférence de presse.

    • Contactez-nous

      Pour obtenir des informations complémentaires sur notre enquête, y participer ou tout simplement nous aider à faire connaître cette journée.

    • Cette journée est soutenue par des organismes engagés

    • Références

      [1] - Carte de l’ONU sur la place des femmes en politiques en 2021 dans le monde : unwomen.org/-/media/headquarters/attachments/sections/library/publications/2021/women-in-politics-2021-fr.pdf?la=fr&vs=354  

      - Faits et chiffres : le leadership et la participation des femmes à la vie politique : https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/leadership-and-political-participation/facts-and-figures

      [2] Violence against women in politics : https://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/73/301

      [3] Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France : https://haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_etat_des_lieux_du_sexisme_2019.pdf

      [4] #entenduALaMairie : dénoncer le harcèlement dans les collectivités https://blog.elueslocales.fr/femmes-en-politique/parite/entendualamairie-une-enquete-nationale-pour-denoncer-le-sexisme-et-le-harcelement-dans-les-collectivites/